L'Europe enquête sur Echelon
Les parlementaires européens en parlent depuis des mois. Ils l'ont finalement fait cette semaine: une commission temporaire vient d'être mise en place pour évaluer la véritable implantation du désormais célèbre — et toujours aussi inquiétant — réseau d'espionnage Echelon (voir notre nouvelle précédente) en Europe.
L'objectif de cette commission qui siègera pendant un an? «Rechercher des preuves de l'existence du système Echelon, tel qu'il est décrit dans le rapport STOA», mesurer son impact éventuel sur les entreprises européennes mais aussi établir si ce réseau de surveillance datant de la guerre froide est aujourd'hui «compatible avec la législation communautaire, plus particulièrement les articles 6(2) et 286 du Traité de l'Union ainsi qu'avec les directives 95/46/EC et 97/66/EC», indiquent les parlementaires.
Créé en 1970 par les États-Unis, le Canada — via son Centre de la sécurité des télécommunications —, le Royaume-Uni, l'Australie et la Nouvelle-Zélande afin de surveiller les activités de l'Union Soviétique, ces «oreilles électroniques» inquiétent bon nombre d'élus du vieux continent qui craignent qu'Echelon soit utilisé, depuis la fin des tensions Est-Ouest, à des fins d'espionnage industriel.
Étrangement toufefois, les députés européens ont refusé à 330 contre 210 la création d'une véritable commission d'enquête — non temporaire — qui aurait pu bénéficier de pouvoirs d'investigation accrus.
Texte rédigé par : Fabien Deglise
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 06 juillet 2000
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