iCraveTV abandonne
Victoire des télédiffuseurs et producteurs tant canadiens qu'américains dans la saga contre iCraveTV. Le site qui diffuse 17 chaînes de télévision sur le Web ferme pour de bon.
Lancé au début du mois de décembre 1999, ce service proposait 17 canaux de télévision américains et canadiens. Rapidement, l'Association canadienne des radiodiffuseurs (ACR) a mis en demeure iCraveTV de cesser ses activités. Sans résultats. Les Américains ont attendu la fin du mois de janvier pour réagir; la puissante Motion Picture Association of America (MPAA et son éternel P.-D.G., Jack Valenti, accusaient iCraveTV de violation de droit d'auteur. Ce fut ensuite une coalition canadienne de diffuseurs de lever le ton et d'exiger la fermeture du site.
Le 8 février, un juge de la cour de district de Pittsburgh, aux États-Unis, a prononcé contre iCraveTV une injonction interlocutoire qui lui interdisait toute retransmission non autorisée de signaux de télédiffuseurs, par Internet, pendant au moins 90 jours. Bill Craig accepte une entente hors cour. «La transaction conclue aujourd'hui démontre sans équivoque que les imitateurs d'iCraveTV peuvent s'attendre à une réaction vive et implacable», a dit Michael McCabe, P.-D.G. de l'ACR, le 28 février. «Peu importe qu'il s'agisse d'une entreprise à cinq sous ou d'une exploitation de cinq milliards de dollars. Nous prendrons immédiatement les moyens de faire respecter nos droits, en tant que créateurs et propriétaires d'oeuvres protégées.»
Affirmant que les télédiffuseurs croient fermement au potentiel d'Internet, Michael McCabe souligne cependant que ce développement doit être conforme à la loi. Pourtant, iCraveTV ne violait absolument aucune loi canadienne, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) ayant décidé, en mai 1999, de ne pas réglementer Internet. «Notre message est clair. Je répète que, pour ceux d'entre vous qui s'inquiétaient, le CRTC ne réglementera rien sur Internet», avait martelé Françoise Bertrand, présidente Du CRTC.
Au moment d'écrire ces lignes, le site de iCraveTV était toujours en ligne, mais ne diffusait rien. Les férus de droit peuvent consulter en ligne l'entente entre iCraveTV et les plaignants.
Texte rédigé par : Sophie Bernard
Publié dans BRANCHEZ-VOUS! le 29 février 2000